Un lieu historique

L’histoire de la librairie Arthaud

arthaud-photo-01Située en plein cœur de Grenoble, à l’angle de la Grande Rue et de la rue Jean-Jacques Rousseau, la librairie Arthaud Grenette loge dans ce qui fut deux hôtels particuliers accolés. L’un appartenant à Jean Rabot, ministre du roi Charles VIII, datant du XVe siècle. L’autre, édifié à la fin du XVIe siècle par son petit-neveu Ennemond Rabot.

Rappelant les « oriels » alsaciens, l’avancée à trois pans repose sur une voûte surbaissée sous laquelle se trouvait un puits. Le décor de pilastres et d’arcatures

de la balustrade évoque la cour de l’hôtel Bullioud à Lyon, construit par le grand architecte Philibert Delorme.

Arthaud-photo-escalier-04L’escalier central en pierre de taille date de cette époque. Il dessert toujours les trois étages de l’actuelle librairie. Dès le début du XIXe siècle, on trouve une librairie à cet emplacement, spécialisée dans les livres anciens : la librairie Ferrari. Elle est achetée en 1865 par M. Maisonville, qui s’associe à Alexandre Gratier. Ce dernier reprend l’entreprise dix ans plus tard. A sa mort en 1909 son gendre Jules Rey lui succède. Parallèlement aux activités de la librairie il se lance dans l’édition. Sa fille Marie-Thérèse, qui est aussi sa collaboratrice et l’auteur de plusieurs ouvrages historiques, épouse Benjamin Arthaud.

 

Etudiant en médecine, Benjamin Arthaud devient libraire

arthaud-texte_02Il est étudiant en médecine lorsque son beau-père meurt en 1922. Deux ans plus tard, une fois ses études achevées, Benjamin Arthaud décide de reprendre la librairie. L’expansion est rapide. Il agrandit le magasin et développe l’activité éditoriale. Il est le premier éditeur français à relier systématiquement des ouvrages à grand tirage. Comme il est le premier à s’engager pour faire valoir l’usage de l’héliogravure et l’héliographie. Tant en France qu’à l’étranger, grâce à des collections comme Beaux Pays, Arts et Paysage, Les Grandes Civilisations, il affirme leur identité alpine en publiant notamment les romans de Roger Frison-Roche. Arthaud est alors une entreprise régionale (sa zone d’activité couvre les départements de l’Isère, de la Savoie, de l’Ain et de la Drôme), mais aussi familiale. Sous l’impulsion des enfants de Benjamin Arthaud, deux collections sont créées. Ainsi, Claude, sa fille, auteur de reportages sur les pays lointains participe à la collection Le Monde en images. Jacques, son fils et père de la navigatrice Florence Arthaud, lance quant à lui la collection Arthaud-mer. Durant plusieurs décennies, la librairie Arthaud Grenette est le principal éditeur de province.  Elle emploie plus de 100 personnes. Elle se diversifie. Elle crée un département papeterie, un rayon beaux-arts qui propose dès 1973 tout le matériel nécessaire à la création artistique.

 

Une modernisation permanente

arthaud-carteLe 1er juin 1977, c’est le grand tournant. Les éditions Flammarion rachètent la librairie et les éditions Arthaud. C’est le début d’une  restructuration et d’une modernisation permanente. L’activité éditoriale est transférée à Paris. Pendant l’été 1985, de grands travaux sont effectués dans le magasin : réaménagement de la cour intérieure, restauration de l’escalier du XVIe siècle et réfection de la pochothèque. Réaménagée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, la librairie s’étend sur plus de 2000 m2 dont 1700 sont consacrés  à la vente. A cette importante surface de vente s’ajoute la galerie Rabot. Cet espace de 80 m2 accueille des expositions ainsi que les différentes manifestations organisées dans la librairie. Tous ces travaux ont contribué à rendre la librairie plus accueillante et à améliorer l’accessibilité aux livres et aux autres produits. Avec un fond d’ouvrages de 85.000 titres, cette institution emblématique fait partie des 12 plus grandes librairies françaises.

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